#nuitdebout : Ta révolution, tu la fais ou tu la rêves ?

Si tu étais d’extreme-droite, tu aurais beaucoup plus de latitude pour tes activités révolutionnaires.

Contrairement à sa collègue de gauche, la révolution d’extrême-droite a pour caractéristique de pouvoir se contenter de la notion floue d’idéal.

La meilleure définition du fascisme est le « Ca coûtera ce que ça coûtera » des légions de Mussolini. Ce qui compte n’est pas tant l’objectif que de tout faire pour y arriver. Il faut discuter avec des militants fascistes pour comprendre à quel point ce qui leur manque le plus dans la politique au fond, c’est la passion. On pourrait les traiter d’indécrottables romantiques si les régimes fascistes n’avaient pas tendance au final à voir l’individu comme quantité négligeable.

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Mais tu n’as pas choisi la facilité, tu es de gauche et une révolution de gauche ne peut se contenter de cet idéal flou. Elle est obligée d’être plus concrète : Son objectif est généralement l’amélioration des minimas sociaux.

Les minimas sociaux, ça tu en parles place de la République. Tu y ajoutes même les minimas environnementaux. Mais tu en parles comme l’adolescent amoureux de la fille qu’il idéalise. Au fond, tu n’y crois pas.

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Que tu revendiques la « décroissance », le « revenu minimum universel » ou que tu défendes les avantages acquis, tu t’exonères d’en poser les étapes. Tu ne sembles même prendre pas la peine de te demander pourquoi le gouvernement n’applique pas dans l’heure tes recommandations. 

AUCUNE AMELIORATION DES MINIMAS SOCIAUX NE PASSERA QUE PAR LA FRANCE

Il est au 21ième siècle mathématiquement impossible d’obtenir uniquement en France une amélioration notable des minimas sociaux et environnementaux.

La mondialisation a eu pour conséquence un bouleversement du rapport de force entre Etats et entreprises. Les premiers ont gardé leur taille, les secondes sont devenues mondiales. De ce fait, une loi intégrant une amélioration sociale ou environnementale d’ampleur a peu de chances de survivre jusqu’au décret pour une raison simple : elle aura un impact sur la compétitive nationale des entreprises.

C’est la raison pour laquelle écrire les communiqués de presse de Pierre Gattaz doit être reposant mais répétitif et accessoirement celle pour laquelle la flexibilité du travail est le dogme de la gauche de gouvernement.

Pourtant, et tu le sais, améliorer la flexibilité du travail en France revient à écoper un océan avec un dé à coudre. Non seulement sur plusieurs années, les différentiels de croissance entre les pays de la « zone » BRIC et ceux de la zone Euro ont cassé le vieil avantage concurrentiel des activités à forte valeur ajoutée réservée à la dernière mais surtout le seul gagnant est le moins-disant social et environnemental. Ni pays ni entreprise ne gagnera au final à ce jeu-là.

COP21

La COP 21 en est le meilleur exemple. Les Etats ont signé le fait de s’autodemander de demander aux entreprises de respecter l’environnement sans contrainte juridique. Un peu comme un instituteur laisserait sa classe une demi-journée en se disant que tout va bien se passer puisqu’il a écrit « merci de restez sages » au tableau.

Et pourtant, tu le sais, chaque année de nouveaux journalistes et politiques de gauche semblent découvrir ce dogme comme leur nouvel Iphone et l’affublent de nouveaux épithètes cache-misère. « Moderne » semblant être celui des dernières années.

Tu n’es pas obligé(e) de faire comme eux.

Un objectif n’est qu’une utopie qui a bien vieilli. Nous pouvons aller chercher le planning d’un nouveau monde qui irait vers le mieux disant social et environnemental.

Mais ce planning exige un préalable : ne plus considérer la vision globale des enjeux comme la simple introduction obligée de tout discours progressiste mais comme celle de tout programme politique.

AIMER (LES PEUPLES DU MONDE) NE SUFFIT PAS

Il ne s’agit pas de glorifier Varoufakis comme il y a quinze ans on glorifiait Lula en entendant le prochain qui n’aura pas « trahi la cause » une fois aux affaires.

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Il s’agit d’établir entre les partis de gauche en amont, une ligne d’accord  de Sanders à Tsipras en passant par Maduro. Une ligne d’accord concrète et quantifiée sur l’exode fiscal, sur le financement public de la Santé ou sur le périmètre de responsabilité juridique internationale des entreprises. L’arbitre doit grandir.

Cette solution peut sembler irréaliste. Elle reviendrait à promettre aux électeurs de chaque pays des lendemains qui chantent sous réserve de l’application dans d’autres pays.

Elle est pourtant la seule voie possible pour celles et ceux qui veulent éviter que le moins-disant s’installe comme unique horizon.

Et elle aura chez nous, je te le jure, un effet étonnant sur la cohésion entre petits-enfants de Français et petits-enfants d’ailleurs….

2 réflexions au sujet de « #nuitdebout : Ta révolution, tu la fais ou tu la rêves ? »

  1. Enfin ! Merci au combien merci d’avoir écris ces lignes.

    J’espère que la nuit debout et autre débutd de projets évolueront vers une maturité créatrice et ne resteront pas dans les memoires comme un d’effet de mode temporaire.

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