résumer la peur française du retour du religieux à un rejet de l’immigration est imbécile.

La peur du religieux coule dans nos veines.

La France des livres d’Histoire est née en 496 avec la création du royaume Franc sur un territoire qui commençait vaguement à ressembler à nos frontières actuelles, en 843 avec le partage de l’empire carolingien ou en 1214 quand un roi a décidé de se faire appeler roi de France.

Mais la France qui nous définit est née le 4 août 1789, le jour où les privilèges de quelques milliers de prêtres et de nobles sur vingt millions de Français ont été abolis. L’essentiel des valeurs avec lesquelles nous avons grandi, l’essentiel des valeurs qui nous définissent est né avec cette France là.

Nous avons grandi en apprenant cette double Histoire : La plupart de nos ancêtres ont vécu oppressés par l’Eglise. L’Eglise était tout, L’Eglise prenait tout. L’Eglise complice de L’Etat mais également la capacité que nous avons eu dans l’Histoire à sortir de ce système nous définissent.

Ce ressenti-là n’apparaît pas dans nos si nombreux débats sur voiles et burkinis. Il est paradoxalement caché derrière une autre Histoire passée dans des veines. Celles de l’héritage du colonialisme. Celle d’un prix à payer pour les injustices du rapport entre Occident et Orient. Beau cadre de débat puisqu’il n’offre que deux positions.  Refuser de poser le débat de l’impact du voile sur l’égalité entre Hommes et Femmes ou être raciste.

On pourra arguer que ceux des Musulmans partisans du voile  paient ainsi le prix d’une faute qu’ils n’ont pas commise. On aura raison. Mais on continuera ainsi à empêcher toute avancée. La question n’est pas d’avoir raison ou tort, la question est de construire Demain.

Vouloir résumer la peur française du retour de religieux à un rejet de l’immigration est imbécile.  Il est temps d’admettre toutes les données de ce débat-là. Il est temps de sortir du manichéisme infertile . Et alors, nous pourrons commencer à avancer. Vers une nouvelle France.

 

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