Les plaisirs du lobbyiste

Pour le plaisir
S’offrir ce qui n’a pas de prix
Un peu de rêve à notre vie
Et faire plaisir
Pour le plaisir

Pour le plaisir

Herbert Léonard

Pour le plaisir voire même pour les plaisirs. Car ils peuvent être nombreux, les bonheurs de l’engagement.

Pour le plaisir d’agir

Le plaisir d’agir nécessite donc une chose : admettre que l’on est responsable d’une situation uniquement à partir du moment où l’on a décidé d’agir sur celle-ci.

Vous n’êtes pas responsable du fait que la plupart des personnes atteintes par le sida n’aient pas accès aux trithérapies.

En conséquence, vous n’avez pas à en souffrir. Et si vous décidez de vous attaquer à ce problème en participant à des campagnes visant à augmenter les ressources du Fonds Mondial ou à baisser le prix du médicament, vous devenez acteur d’une progression, d’une amélioration.

C’est dans celle-ci que se trouve votre responsabilité. Elle correspond à une approche exigeante. Elle vous amènera à vous assurer régulièrement que vos efforts ne sont pas vains. Mais cet effort sera proportionnel au plaisir que vous éprouverez en constatant que l’action ou l’association que vous soutenez à permis une véritable évolution.

Pour le plaisir de la prétention

Si vous ne le savez déjà, vous le découvrirez bientôt….le fait de s’engager est généralement bien vu en société.

Bénévole, donateur, membre d’un conseil d’administration d’association ou salarié… ceux qui s’engagent ont auprès de certains une image de personnes généreuses et altruistes.

Certains d’entre nous sont indifférents à ces regards, d’autres moins.

Si vous êtes sensible, ne vous refusez pas ces petits plaisirs prétentieux là. Si vous êtes efficace, vous les méritez.

Pour le plaisir de maîtriser sa vie

Qu’on le veuille ou non, le monde dans lequel nous vivons joue sur nos situations. Il joue sur nos situations professionnelles, sur les vêtements que nous portons, sur les mots que nous employons…nos petites vies sont souvent bousculées par les évènements qui traversent la planète.

Un attentat à New York, la chute d’un cours boursier à Kuala Lumpur peuvent se concrétiser quelques mois plus tard par le licenciement économique de votre beau-frère ; le lancement d’une nouvelle paire de chaussures décidé à Atlanta peut en quelques semaines changer l’aspect de la moitié des pieds du lycée de votre ville.

Et n’importe quel évènement original survenu sur la planète peut influencer en quelques minutes les conversations de vos voisins de pallier.

Cette réalité crée parfois une angoisse.

Que faire par rapport à celle-ci : Partir sur une île déserte ? Y mettre en place un système d’autosuffisance pour quelques décennies et passer des accords avec les pays voisins pour s’assurer une totale tranquillité. ?

Ou bien tout simplement décider que…

…puisque le Monde joue sur vous, vous allez jouez sur le Monde.

Pour le plaisir de consommer

«Je ne voulais pas qu’il fit un effort:

– Laisse-moi faire, lui dis-je, c’est trop lourd pour toi.

Lentement je hissai le seau jusqu’à la margelle. Je l’y installai bien d’aplomb. Dans mes oreilles durait le chant de la poulie et, dans l’eau qui tremblait encore, je voyais trembler le soleil.

– J’ai soif de cette eau-là, dit le petit prince, donne-moi à boire…

Et je compris ce qu’il avait cherché !

Je soulevai le seau jusqu’à ses lèvres. Il but, les yeux fermés. C’était doux comme une fête. Cette eau était bien autre chose qu’un aliment. Elle était née de la marche sous les étoiles, du chant de la poulie, de l’effort de mes bras. Elle était bonne pour le cœur, comme un cadeau. Lorsque j’étais petit garçon, la lumière de l’arbre de Noël, la musique de la messe de minuit, la douceur des sourires faisaient ainsi tout le rayonnement du cadeau de Noël que je recevais.»

Antoine de Saint-Exupéry – Le Petit Prince

En buvant l’eau d’un puits, le Petit Prince ne consomme pas que cette eau. Il consomme aussi une part de rêve de souvenir, de mélancolie et de beauté.

Deux façons d’expliquer cette impression :

– L’aviateur et le Petit Prince sont en train de tomber dans les filets de la société de consommation.

– Le Petit Prince est comme chacun d’entre nous. Il consomme toujours quelque chose de plus.

La valeur ajoutée du produit :

Ce «quelque chose de plus» a toujours existé. Il est parfois appelé «valeur ajoutée du produit» dans les méthodes de marketing.

Il correspondait jusqu’ici essentiellement à une identification du consommateur. Que cette identification se fasse sur une figure imaginaire (les amoureux de la publicité Carte noire) ou réelle (André Agassi pour Nike).

L’existence de cette motivation d’achat explique les milliards d’Euros dépenses dans la publicité, dépenses directement répercutées dans le prix des produits.

La valeur ajoutée solidaire :

Un paquet de café équitable propose également quelque chose de plus que deux cent cinquante grammes de café : Une partie du prix payé par le consommateur est consacré au niveau de vie du producteur. Celui-ci est assuré de recevoir un prix minimum pour sa production quels que soit les cours boursiers. Cette assurance correspond également à une partie du coût du produit.

En bref, les acteurs du commerce équitable nous proposent simplement de déplacer la valeur ajoutée du produit :

– Dans un produit «classique», le coût supplémentaire est consacré à l’envie de rêve du consommateur.

– Dans un produit équitable, il est consacré à une envie d’action, de changement et à sa réalisation.

Par conséquent nous, les consommateurs, nous avons maintenant ce choix

Et nous avons intérêt à le suivre puisque si l’on en croit Alain Souchon, nous sommes….

Attirés par les étoiles, les voiles

Que des choses pas commerciales

Foule Sentimentale – 1997

Pour le plaisir d’une assurance vie

Au fait… elle viendra quand la crise ? Vous savez : Le dernier jour. Celui où il sera trop tard. Celui où l’Humanité sombrera dans le chaos.

Beaucoup de personnes semble se poser cette question. Et pourtant, la réponse semble évidente :

– L’agriculture, l’élevage extensif du bétail, l’exploitation des forêts et la construction immobilière ont détruit environ la moitié de la couverture forestière originelle, et une autre tranche de 30 % est dégradée ou fragmentée.

– La plupart des personnes touchées par le pire virus qu’ait connu le vingtième siècle n’ont pas accès à un traitement.

– Les flottes industrielles ont pêché au moins 90 % des grands prédateurs marins au cours des 50 dernières années.

– Un demi milliard de personnes vivent dans des pays en situation de pénurie proche ou prochaine d’eau; en 2025, leur nombre atteindra selon les prévisions 2,4 à 3,4 milliards.

– Le niveau des mers a monté de 10 à 20 centimètres environ, en grande partie sous l’effet de la fonte des masses glaciaires et de l’expansion des océans, phénomènes liés au réchauffement régional et mondial….

La crise et le chaos, ils sont là et plutôt bien installés ! On pourrait même affirmer qu’ils ont pris leurs habitudes.

Mais l’Humanité a su les gérer. Elle a su le faire comme un automobiliste gère sa conduite : grâce au levier de vitesses.

De vitesses, nous en avons au moins deux. Nous adaptons chaque aspect du monde au lieu de naissance et au statut de ceux qui l’habitent.

L’abus de l’utilisation des pesticides rend une partie des aliments potentiellement dangereux ? On invente le bio ou les produits sans OGM.

La principale source d’énergie de l’Humanité se raréfie ? Par le biais de réorganisation géopolitique au Moyen Orient ou d’investissement dans le nucléaire, les pays riches ont déjà préparé leurs futures consommations.

Les décalages internationaux de niveaux de vie risquent de déclencher des vagues d’immigration incontrôlables ? Des accords sont déjà passés avec les pays frontaliers de l’Europe afin qu’ils se chargent de les bloquer…

Nous n’avons pas perdu le sens de l’intérêt général. Nous avons raté jusqu’à présent les occasions que nous avons eu de le suivre.

Alors, faute de supers héros, l’avenir…., il continuera comme le présent : A deux vitesses.

En bref, nul besoin de s’inquiéter par conséquent. Car tout ira bien pour vous et moi – ami lecteur -. Tout ira bien pour nous à seulement deux petites conditions :

– Que la France fasse toujours partie dans dix ou vingt ans des pays les plus riches. (A ce propos, le saviez-vous : en 2005, la Chine a dépassé le France et l’Angleterre au classement des pays les plus riches).

– Et que vous et moi, nous soyons alors parmi les Français suffisamment privilégiés.

Pour le plaisir d’une assurance éternité

Tant que nous sommes dans les perspectives, autant aborder la dernière : Et après la vie ?

A priori, c’est l’incertitude totale. Dans l’hypothèse ou quelque chose existe après notre mort, pas évident de savoir les critères de notation qui seront appliquées.

Paradis, purgatoire ou enfer (ou quels que soient les noms usités), philosophes et religieux ont émis des hypothèses mais rien de sûr à ce jour.

Mais il y a pourtant fort à parier que ceux ayant cherché à améliorer – de la façon la plus efficace possible – le sort de la Terre et de ceux qui y vivent devraient disposer de places de choix.

En tous cas, le contraire serait étonnant.

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