IGNORE TON ENNEMI

Depuis juin 2016, un éducateur qui préparerait sur Internet une discussion sur Daesh avec les adolescents qu’il encadre risque deux ans de prison ferme.

Soyons précis : pour un professeur n’ayant eu aucun autre lien avec l’Islam dans sa vie, le risque serait quasi nul.
Si par contre l’éducateur a le moindre doute sur la radicalisation d’un ami ou ancien ami, si il a par ailleurs discuté avec un Imam ou si il est Arabe ou Musulman, le risque augmenterait de fait.

La loi de juin 2016 qui condamne la fréquentation de sites djihadistes exempt uniquement les journalistes et universitaires. Le reste du texte est particulièrement soumis à interprétation.

L’éducateur devra donc dans tous les cas très fermement déconseiller à ses élèves d’aller regarder les textes dont il leur parle. Si il a voulu cette discussion, c’est sans doute qu’il y avait intérêt de leur part… Et si ils lui parlent des textes de Daesh, il devra refuser de débattre.
C’est à la notion même de rhéthorique que s’attaque cette loi. Démonter un argumentaire nécessite de le lire, de le comprendre et de le creuser.

Cette loi rendu un immense service la propagande de Daesh en offrant sur un plateau l’argument conspirationniste ultime : « Et pourquoi crois-tu qu’ILS interdisent la lecture des textes de Daesh?… »

Cette loi est une insulte à cette civilisation judéo-chrétienne si chère à ses promoteurs. De l’importance de l’étude dans l’ancien testament aux Lumières en passant par le « au commencement était le verbe » du nouveau testament, cette civilisation s’est construite sur le débat.

Cette loi est injure à notre jeunesse. Par peur de centaines d’entre eux, on traite des millions comme des demi-ânes sans sens critique.

Nos éducateurs devraient à l’inverse être formés à répondre aux interrogations dédiées. « Mein Kampf » dont la diffusion a longtemps été accompagnée représente un exemple pertinent à plusieurs titres. Notre République n’a rien à cacher et surtout pas les argumentaires de ses ennemis.

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